Crise du lait: 60000 emplois en jeu… et zéro responsable

Publié le par sceptix

Les métiers du lait sont dans la tourmente. 60 000 personnes craignent pour leur emploi. Et personne n’est responsable : ni les ministres, ni les services des ministères, ni les industriels...



(photo : jack_spellingbacon - Flickr - cc)
(photo : jack_spellingbacon - Flickr - cc)

Le lait, en France, c'est 60000 emplois. La crise du lait, ce sont donc des milliers de Français susceptibles de se retrouver au chômage. On pourrait croire que, dans ces conditions, les pouvoirs publics prennent leur part de responsabilité. Il n'en est rien. « Les ministres de l’Agriculture européens se mettent d’accord pour ne pas être d’accord entre eux. Comme c’est la règle de l’unanimité qui prévaut, s’il n’y a pas de décision, c’est la commission qui décide ! Comme ça, ils ne sont pas responsables. » : le constat de Pascal Ferey, vice-Président de la FNSEA, ressemble à un désaveu des responsables politiques. Michel Barnier communique sur son volontarisme mais ne semble pas avoir en sa possession les leviers de décision pour agir concrètement. En témoigne l’échec des négociations du dernier Conseil des ministres européens de l’agriculture. 

 

Réunis lundi 25 mai à Bruxelles, ils n’ont pas trouvé d’accord pour réguler de nouveau la production du lait à l’échelle des 27. Conclusion, la dérégulation continue et la France a décidé de se mettre à l’écart en gelant la déréglementation des « quotas ». « Sur ce point, précise-t-on ainsi dans l’entourage du ministère, la question ne se pose plus. » Du moins jusqu’à la prochaine piqûre de rappel de la commission européenne qui veille scrupuleusement au maintien d’une concurrence libre et non faussée…


Le ministère des Finances a la main, celui de l'Agriculture compte les points

Deux médiateurs ont été désignés pour gérer la crise en France: l'un vient du ministère de l’Agriculture et l'autre du ministère des Finances. Du côté du ministère de l’Agriculture, on botte en touche et on vante la complémentarité des deux médiateurs mais la réalité est tout autre. C’est bel et bien sous l'égide du ministère des Finances que la DGCCRF – Direction Générale de la Concurrence de la Consommation et de la Répression des Fraudes -  a envoyé un courrier en mai 2008 au Président de la CNIEL – Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière. Un courrier en forme d’injonction, nous précise-t-on du côté des producteurs de lait, qui mettait en demeure la CNIEL de cesser ses recommandations sous peine de sanctions financières.


« Depuis, on a établi un nouveau cadre en conformité avec les règles de la concurrence ». L’entourage du ministre-candidat Barnier se défend de ne pas agir. Certes, mais à quoi peut bien servir un cadre qui ne permet pas une juste régulation entre les producteurs et les industriels ? A communiquer, assurément. Car les métiers du lait représentent plus de 60 000 emplois en France. 60 000 bulletins de vote aussi ! Barnier a beau s’en défendre, les discours ne valent rien sans les actes. Et quand on n'a plus de marges de manœuvre, il devient difficile de prendre des décisions. « On ne peut pas revenir dans le passé… L’Etat n’a pas à fixer le prix du lait. » Et si le secteur du lait est en crise, c’est parce que la conjoncture est mauvaise, nous explique t-on encore. Voilà à quoi se résume le boulot d’un ministre aujourd’hui, faire le service après-vente de décisions qu’il n’a pas prises parce que ce n’est plus à lui de décider… Et au fait, le 7 juin, il se passe quoi exactement ? 



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