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Publié le par sceptix

NDM1, la nouvelle bactérie ultra-résistante



Une nouvelle bactérie ultra-résistante prénommée NDM1 ne répondrait presque pas aux antibiotiques. Cette bactérie a été importée par le biais du tourisme médical en Asie.


NDM1, la nouvelle bactérie ultra-résistante







NDM1 résisterait à presque tous les antibiotiques, cette bactérie a été découverte dans les hôpitaux londoniens, c'est ce que révèle une étude publiée dans la revue The Lancet. Elle aurait été ramenée d'Asie avec le tourisme médical.

Le NDM1 (New Delhi métallo-beta-lactamase) est un gène codant pour une enzyme conférant aux bactéries porteuses la capacité à résister à tous les antibiotiques, elle se loge dans le tube digestif des patients au cours d'hospitalisations. Elle a été identifiée une première fois chez un patient suédois en 2009 qui avait été hospitalisé en Inde. Aujourd'hui, 37 patients au Royaume-Uni ont contracté cette bactérie lors de voyage en Inde ou Pakistan pour subir une opération de chirurgie esthétique.

une surveillance médicale mondiale

Pour les auteurs de l'étude "le NDM1 pourrait devenir un problème de santé publique mondial, il confère une résistance à pratiquement tous types d'antibiotiques, même ceux généralement réservés aux traitement des infections les plus sévères et les plus résistantes"

"Il faut mettre en place un mécanisme de surveillance à l'échelle de la planète et de nouveaux antibiotiques originaux ciblant ce genre de bactéries" ajoute l'auteur de l'étude. Cette surveillance devrait être mise en place rapidement. En effet, le tourisme médical, Européens et Américains en Asie, pourrait croitre de 30% dans les cinq prochaines années ce qui pourrait répandre le NDM1 dans le monde.


Samedi 14 Août 2010 - 07:57
Bacterie NDM-1

Qu'est ce que la bacterie NDM1 ?

La bactérie NDM-1 est résistante à tous les antibiotiques, y compris aux carbapénèmes qui sont dotés d’un pouvoir élevé anti-bactérien. Cette « superbactérie » a infecté plusieurs personnes dans le monde, et causée de nombreux décès.

A ce jour peu de média en parle, et beaucoup de gens commence à s'inquiéter.

New Dehli metallico-beta-lactamase 1 est un gène de résistance qui se diffuse dans plusieurs types de bactéries. NDM-1 permet la synthèse d’une enzyme qui inactive tous les antibiotiques présents sur le marché, à ce jour.

Le professeur Patrice Nordmann, chef du service microbiologie-bactériologie-virologie de l’hôpital Bicêtre et directeur de l’unité Inserm « résistances émergentes aux antibiotiques », explique que « ce gène se localise dans des bactéries qui sont déjà résistantes aux antibiotiques ». Ainsi, ces bactéries deviennent « multirésitantes et donc extrêmement difficiles à traiter ».

NDM-1 nouvelle menace sanitaire ?

Une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet Infectious Diseases tire la sonnette d'alarme. Il s'agit d'un gène de résistance qui s'est diffusé dans plusieurs types de bactéries. Il permet la synthèse d'une enzyme qui inactive la plupart des antibiotiques présents sur le marché, y compris les carbapénèmes, réservés aux infections les plus graves.

Une nouvelle génération de bactéries, résistantes à quasiment tous les antibiotiques, aurait récemment infecté plusieurs Australiens. L’enzyme produite par cette nouvelle « superbactérie », la New Delhi metallo bêta lactamase (NDM-1), serait responsable de la résistance de certaines bactéries à tous les antibiotiques, notamment les carbapénèmes dotés d’un fort pouvoir anti-bactérien.

NDM-1 touche aussi des entérobactéries comme les colibacilles qui sont responsables du plus grand nombre d'infections humaines.

Un ou deux antibiotiques peuvent être utilisés mais leur efficacité n'est pas certaine. En l'état actuel des recherches scientifiques, on n'a pas de solution et rien n'est envisagé pour les 5 ans à venir.

D'où viennent la bacterie NDM1 ?

Le réservoir connu se situe au Pakistan, Inde, Bangladesh. Le tout premier cas a été identifié en 2008, en Suède, chez un patient d'origine indienne.

150 cas ont été identifiés en Inde mais il y en a certainement beaucoup plus. D'autres cas en Europe ont été décelé.

Comment attraper la bacterie NDM1 ?

Elle se transmet essentiellement par les mains et le contact avec des objets souillés, il est conseillé de se laver frequement les mains, et de consommer des produits sains et propres.

Source

 

 

Mise à jour

 

Vers une nouvelle classe d'antibiotiques ?

Par Claire Peltier, Futura-Sciences

Une nouvelle classe d’antibiotiques vient peut-être d’être découverte suite à l’obtention de la structure tridimensionnelle d’une enzyme bactérienne essentielle et d’une molécule inhibitrice.

Depuis leur découverte en 1928 par Alexander Fleming, les antibiotiques ont révolutionné la médecine en sauvant de nombreuses vies. Leur utilisation massive et, surtout, parfois excessive rend progressivement les bactéries résistantes et l’on risque de se retrouver sans défense face aux futures épidémies. La recherche de nouveaux antibiotiques est un défi pour les médecins, qui n’ont pour l’instant dans leurs mains qu’un nombre limité de molécules efficaces pour lutter contre les infections bactériennes. Bien que de nouveaux antibiotiques arrivent parfois sur le marché, ces événements sont encore trop rares.

Une classe d’antibiotiques particuliers, les quinolones, sont connues et utilisées en médecine depuis près de cinquante ans. Elles ont pour caractéristique d'inhiber spécifiquement et efficacement la protéine topoisomérase IIA des bactéries. Cette enzyme, aussi appelée gyrase, a pour rôle de modifier l’enroulement de l’ADN au sein de la bactérie, un processus essentiel lors de la multiplication cellulaire ou lors de l’expression des gènes. Pourtant, les bactéries supportent de plus en plus cette classe d’antibiotiques et deviennent donc difficiles à éliminer.

Aujourd’hui, des cristallographes du laboratoire GlaxoSmithKline ont réussi à cristalliser puis à déterminer la structure, grâce aux rayons X, de la gyrase de la bactérie Staphylococcus aureus, ou staphylocoque doré. Mais l’enzyme n’est pas seule sur l’image : l’ADN et une nouvelle molécule nommée GSK 299423 sont co-cristallisés avec l’enzyme. La technique permet de visualiser précisément la position de chaque atome, avec ici une incertitude de 2,1 angströms, autant dire pas grand-chose. La structure de l’interaction entre les trois partenaires est donc très bien résolue et offre des informations capitales, révélées dans la revue Nature.

La topoisomérase (bleu) permet d'enrouler ou de dérouler les molécules d'ADN (orange et jaune) lors de la réplication ou de l'expression des gènes. L'enzyme est essentielle à la survie des bactéries.
La topoisomérase (bleu) permet d'enrouler ou de dérouler les molécules d'ADN (orange et jaune) lors de la réplication ou de l'expression des gènes. L'enzyme est essentielle à la survie des bactéries. Crédits DR

Efficace sur un large spectre de bactéries

Les scientifiques ont constaté que la molécule GSK 299423 construit un pont moléculaire entre l’ADN et une zone de la gyrase étrangère au site actif de l’enzyme. La molécule n’agit donc pas au niveau du site actif, comme le font les quinolones. Ainsi, la résistance adoptée par certaines bactéries contre les quinolones, pourrait être contournée par l’usage de cette nouvelle molécule. Puisque la même enzyme est ciblée, les mêmes bactéries devraient être éliminées par GSK 299423.

En effet, l’efficacité de cette molécule a été testée sur un large spectre de bactéries et elle semble efficace, à l’image des quinolones, sur les deux grandes classes existantes : aussi bien les Gram-positives (positives au colorant de Gram) à l'image de Staphylococus aureus (même la souche résistante à la méticilline impliquée dans beaucoup d’infections nosocomiales), que les Gram-négatives (négatives au colorant de Gram) comme Escherichia coli, Pseudomonas, Klebsiella ou Acinetobacter, qui sont plus difficiles à éliminer à cause de la présence d'une membrane externe souvent imperméable aux molécules.

Cette molécule semble donc constituer un bon candidat pour la recherche de nouveaux antibiotiques. Le laboratoire GlaxoSmithKline s’intéresse à toutes les molécules de la même famille afin de déterminer laquelle serait la plus à même d’être utilisée en médecine. Il faut à la fois tenir compte de l’efficacité antibactérienne, mais aussi de l’innocuité pour les patients. La structure obtenue permet d’orienter les chercheurs dans cette voie. Les financements de cette étude sont d’ores et déjà prolongés pour une durée de 5 ans par le Wellcome Trust's Seeding Drug Discovery, une initiative du Defense Threat Reduction Agency américain.

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