Crise: Sarkozy recevra Merkel mardi à l’Elysée
Nicolas Sarkozy l’a annoncé à ses ministres lors de la réunion de crise à l’Elysée ce matin : il compte faire une tournée des grands de ce monde, pour montrer combien la crise est mondiale. Le chef de l’Etat recevra mardi prochain à l'Elysée la chancelière Angela Merkel pour préparer des propositions sur le gouvernement économique de la zone euro, qui seront présentées fin août. Une piste consisterait à permettre à l’union européenne d’émettre des obligations d’Etat pour mutualiser les risques pesant sur chaque pays, mais l’Elysée estime que les esprits sont loin d’être mûrs en Allemagne. Les deux dirigeants tiendront une conférence de presse à 18h30 et auront ensuite un dîner de travail
Pour préparer le sommet du G20, qui réunira à Cannes début novembre les principaux dirigeants de la planète, M. Sarkozy veut profiter de son voyage en Nouvelle-Calédonie fin août pour faire un saut à Pékin et rencontrer les dirigeants chinois. Enfin, il entend avoir une bilatérale avec le président Barack Obama en marge de l’assemblée générale des nations unies à New-York, les 21 et 22 septembre.
Arnaud Leparmentier
Et il vont se demander : Kékonfé maintenant ?
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10/08/2011 à 13h51
BERLIN (Reuters) - L'Allemagne a estimé mercredi qu'il n'était pas nécessaire de renforcer le Fonds européen de stabilité financière (FESF) alors que la Commission européenne a appelé la semaine dernière à la réévaluation de toutes les composantes du FESF, y compris sa taille.
"Il (le FESF) est loin d'être épuisé. En disant cela, tout est dit", a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand lors d'une conférence de presse.
La capacité actuelle de FESF est de 440 milliards d'euros, somme qui passe à 750 milliards si l'on ajoute les contributions de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, qui participent aux plans de sauvetage de pays de la zone euro.
Le sommet européen d'urgence du 21 juillet a permis de réformer de manière spectaculaire le FESF pour en faire un embryon de "Fonds monétaire européen".
Mais les dirigeants européens ne se sont pas engagés sur une voie que les investisseurs appelaient de leurs voeux : donner au FESF davantage de puissance de feu.
Le Fonds, qui emprunte sur les marchés avec la garantie des Etats membres de la zone euro pour ensuite prêter aux pays en difficulté, s'est actuellement engagé sur au moins 142 milliards d'euros d'aides, dont bénéficient la Grèce, l'Irlande et le Portugal. Ce qui laisse 298 milliards pour faire face aux futures échéances.
Or, les économistes ont calculé qu'un plan de sauvetage de l'Espagne coûterait 290 milliards d'euros et qu'un programme d'urgence pour l'Italie représenterait quelque 490 milliards d'euros.
LA PRESSION DE L'ÉLECTORAT ALLEMAND
La semaine dernière, la crise de la dette de la zone euro a connu un nouveau pic, les rendements supérieurs à 6% des titres de dette souveraine espagnols et italiens faisant craindre que Rome et Madrid doivent à leur tour solliciter l'aide du FESF.
C'était dans ce contexte que Bruxelles avait appelé une réévaluation de toutes les composantes du FESF afin de convaincre les marchés que la zone euro pouvait résoudre la crise de la dette.
Depuis le début de la semaine, à la faveur notamment de rachat d'obligations à 10 ans italiennes et espagnoles par la Banque centrale européenne, le coût de financement supporté par l'Italie et l'Espagne est revenu à des niveaux plus abordables, autour de 5%.
Les propos du porte-parole du gouvernement allemand illustrent les difficultés éprouvées par Berlin pour convaincre ses électeurs du bien-fondé de l'engagement du gouvernement dans la résolution de la crise de la dette de la zone euro.
A titre d'exemple, près de deux tiers des membres du parti conservateur d'Angela Merkel sont mécontents de la gestion de cette crise par la chancelière, selon un sondage publié mercredi.
Soixante-deux pour cent des personnes interrogées se disent inquiètent de l'image renvoyée par la CDU (Union chrétienne démocrate) et la CSU (Union chrétienne sociale), selon ce sondage de l'institut Forsa pour le magazine Stern.
Quelque 52% des 578 membres des deux partis interrogés dans le cadre du sondage se disent opposés au plan de sauvetage des partenaires de Berlin dans la zone euro et seuls 42% approuvent le plan d'aide à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal.
Le sondage a été réalisé les 4 et 5 août, avant l'accalmie provoquée par le rachat d'obligations italiennes et espagnoles par la BCE.
Les craintes de voir l'Allemagne, première puissance économique de la zone euro jouissant en outre de perspectives de croissance correctes et de coûts de financement historiquement bas, régler le gros de la facture de la crise de la dette se sont traduites par une hausse des CDS allemands à cinq ans, qui ont atteint le niveau des CDS britanniques.
Erik Kirschbaum et Sarah Marsh, Catherine Monin et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Dominique Rodriguez
Reuters - Boursier.com
