Faillite de CIT... et future crise obligataire pour l'Etat-providence ?

Publié le par sceptix


par Dan Denning
Mardi 03 Novembre 2009

▪ Ce week-end, le CIT Group Inc., avec 71 milliards de dollars d'actifs, est entré en lice pour la cinquième plus grosse faillite de l'histoire des Etats-Unis. CIT est la dernière victime en date de la crise du crédit, qui n'est apparemment pas encore terminée. CIT est un prêteur commercial auprès des PME qui s'est retrouvé dans l'incapacité de rembourser sa dette. N'étant pas une banque de dépôt, CIT doit financer la croissance de ses actifs par le biais de la titrisation et de l'emprunt, deux choses plutôt difficiles à obtenir ces temps-ci.

La mise en faillite sous "Chapitre 11" de CIT l'autorise à passer par une restructuration sous la protection des tribunaux. Les détenteurs d'obligations pourraient s'en sortir sans trop de casse. En revanche, le Trésor américain a déjà perdu 2,3 milliards de dollars de l'argent du TARP qu'il a injecté dans l'entreprise. Et les plus gros perdants, ce sont les petites entreprises qui ne vont pas recevoir de financement. C'est une mauvaise nouvelle pour l'économie réelle.

▪ L'un des résultats des taux bas de la Fed, c'est que les banques américaines se sont approvisionnées en bons du Trésor américain pour stabiliser leurs bilans. Nous vous avons dit que cela risquait de mettre de nouveau les banques en danger, si la valeur de ces bons était réduite de façon radicale par les forces du marché. On risquerait alors d'avoir un autre effondrement des nantissements bancaires qui pourrait, s'il était très important, entraîner un effondrement de la valeur. L'insolvabilité redevient un problème.

Mais ne sous-estimez pas la capacité de la bulle obligataire à durer plus longtemps que ce que tout le monde pense. Les dirigeants fédéraux se réunissent cette semaine et ne vont certainement rien changer. Acheter des bons du Trésor et des titres adossés à des créances hypothécaires -- avec des réserves nouvellement créées (assouplissement quantitatif) et qui peuvent toujours être étendues -- n'est qu'une formalité. Alors les baissiers obligataires comme votre chroniqueur (qui pense aussi que les bons du Trésor américain sont une bonne opération à court terme) devraient-ils rester sur leurs gardes ?

Oui !

La suite : la Chronique Agora

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