Guatemala: deux morts, trois disparus après l'éruption du volcan Pacaya

Publié le par sceptix


Un homme retire de son toit des cendres du volcan Pacaya, le 28 mai 2010 à Las Calderas au Guatemala

GUATEMALA — Des milliers de Guatémaltèques ont été évacués vendredi après la violente éruption du volcan Pacaya (sud) qui a fait deux morts -dont un journaliste- et trois disparus dans trois départements placés en état de catastrophe naturelle.

Dans un rayon d'une centaine de km autour du volcan, les habitants se sont armés de balais et de pelles pour déblayer la poussière des toits et des patios, d'une épaisseur de cinq centimètres par endroits. "Pour notre cour seulement, on a rempli un grand sac poubelle", a raconté Isabel Esteves, une femme au foyer.

L'état de catastrophe naturelle a été décrété dans trois départements: Escuintla (sud), Guatemala (centre) et Sacatepéquez (ouest), selon la présidence qui a précisé que l'aéroport avait été fermé.

Lors d'une conférence de presse, le président guatémaltèque Alvaro Colom a indiqué jeudi qu'un journaliste de la télévision Canal 7, Anibal Archila, qui couvrait l'éruption, ainsi que trois enfants de 7, 9 et 10 ans, étaient portés disparus.

Le cadavre calciné du journaliste, sur lequel des pierres sont tombées, a ensuite été localisé à 50 km de la capitale.

Un homme de 22 ans est décédé vendredi des conséquences indirectes de l'éruption, en chutant d'un toit où il était monté pour en retirer les cendres, selon les services de secours.

Une vingtaine de personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Par ailleurs, le directeur de l'agence pour la coordination de la réduction des désastres (Conred), Alejandro Maldonado, a indiqué que 1.600 personnes avaient été évacuées.

Selon le président guatémaltèque, le seul aéroport de la capitale, La Aurora, tapissé de cendres volcaniques, restera fermé jusqu'à samedi dans la nuit "parce qu'il faut laver les pistes et les parties environnantes".

"Tous les vols sont suspendus en raison de la quantité de cendres tombée sur la piste", avait auparavant déclaré Monica Monge, une porte-parole de l'autorité aéronautique.

Les vols sont déviés vers les aéroports de Mundo Maya à Peten (à 500 km au nord) ou à Comalapa au Salvador, selon cette autorité.

Mercredi, l'éruption du volcan Pacaya, haut de 2.552 mètres, a commencé à s'intensifier avec des projections de lave, de fumées et de cendres, et se poursuivait vendredi. Les cendres s'élèvent jusqu'à 1.000 mètres et sont transportées sur des kilomètres à la ronde.

Les autorités s'attendent à une nouvelle éruption violente du volcan, le plus actif d'Amérique centrale. "C'est très possible qu'il y ait d'autres explosions violentes dans les prochains jours", a dit à la presse Eddy Sanchez, directeur de l'Institut national de Vulcanologie.

Le Guatemala compte quelque 288 volcans, dont huit en activité.



 

Source : l'Express

 

PORONG (Indonésie) - Quatre ans après, une éruption de boue visqueuse continue de dévaster une région industrielle de l'île de Java (Indonésie) sans montrer de réels signes d'apaisement.

Des ouvriers essaient de contenir la coulée de boue qui dévaste la région autour de Sidoarjo, dans l'est de Java le 25 mai 2010

AFP/Adek Berry

Des ouvriers essaient de contenir la coulée de boue qui dévaste la région autour de Sidoarjo, dans l'est de Java le 25 mai 2010

Dans quelques mois ou dans 100 ans' Nul n'est en mesure de déterminer quand cessera de s'étendre le liquide épais, bouillant et nauséabond qui s'échappe des entrailles terrestres depuis le 29 mai 2006 près de la ville de Sidoarjo, dans l'est de Java.

Depuis ce jour, un immense "lac" de plus de 700 hectares a déjà recouvert une douzaine de villages, des usines, une autoroute et une voie ferrée. Quatre ans après, seuls sont encore visibles le faîte du toit d'une mosquée et la cime décharnée des arbres les plus hauts.

Cela peut "tout aussi bien continuer entre deux et trois ans que durant des centaines d'années", estimait l'an dernier un expert australien, Mark Tingay, de l'Université Curtin de Sydney.

Il évaluait à 100.000 le nombre de personnes vivant sous la menace dans cette région fortement urbanisée.

Vue aérienne du volcan de boue près de Sidoarjo, dans l'est de Java, prise le 26 mai 2010

AFP/Adek Berry

Vue aérienne du volcan de boue près de Sidoarjo, dans l'est de Java, prise le 26 mai 2010

La catastrophe a déjà entraîné l'évacuation de plus de 40.000 habitants et provoqué la mort de 12 personnes, selon les autorités.

La principale éruption a nettement perdu en intensité ces derniers mois mais "la boue sort désormais de deux nouveaux cratères", distants de quelques centaines de mètres, a indiqué Soffian Hadi, de l'Agence chargée de la gestion du site. "Ils expulsent environ 10.000 m3 de boue en moyenne chaque jour", selon lui.

La cause de cette catastrophe unique au monde continue à faire débat et polémique.

Des scientifiques internationaux en font porter la responsabilité à un forage exploratoire de gaz mal conduit par une société indonésienne, Lapindo Brantas.

Cette dernière, qui appartient à l'un des hommes les plus influents du pays, Aburizal Bakrie, n'a jamais reconnu sa responsabilité, affirmant qu'un tremblement de terre survenu deux jours plus tôt dans le centre de Java était à l'origine de la catastrophe.

Sous la pression du gouvernement, elle a néanmoins accepté de verser près de 400 millions de dollars de compensation à 10.000 familles.

Mais le déboursement de cette somme a pris du retard, provoquant la colère des victimes.

Un touriste venu voir avec sa petite-fille l'étendue des dégâts provoqués par l'éruption de boue le 25 mai 2010

AFP/Adek Berry

Un touriste venu voir avec sa petite-fille l'étendue des dégâts provoqués par l'éruption de boue le 25 mai 2010

Lapindo doit également gérer, avec les autorités, l'énorme chantier ouvert pour endiguer le flot fétide. Une tâche très difficile car il faut sans cesse colmater et surélever les digues, hautes de plus de 10 m. Toutes les tentatives pour colmater le volcan ont jusqu'à présent échoué, comme le largage de centaines de boules de béton dans le cône.

Spectaculaire, le paysage de désolation attire les curieux et fait désormais partie des circuits touristiques sur la route des grands volcans de Java. Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono avait estimé, en mars, qu'"avec des aménagements et un bon projet", il serait possible de le transformer "en site d'attraction géologique pour les touristes".

"C'est une zone de souffrance, pas de plaisir", conteste Mantep, une victime qui n'a "plus de travail depuis quatre ans".

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