Les frais de déplacement de Nicolas Sarkozy dérapent
Le président a dépensé plus de 22 millions d'euros pour financer ses déplacements au lieu des 20,3 millions d'euros de crédits demandés fin 2008.
SELON le rapport annuel de performance budgétaire lié à l'exercice 2009 de l'Elysée, certains frais engagés par la présidence ont dépassé les prévisions. Alors que le président avait demandé, fin 2008, 20,3 millions d'euros de crédits pour financer ses déplacements, il aura finalement dépensé 10% de plus, soit 22 millions. Les frais auront donc encore augmenté de 34% par rapport au précédent record de 2008 (16,3 millions). "Ils ont même progressé de 51% si l'on tient compte du fait qu'en 2008, 1,7 million d'euros de frais avaient été pris en charge par le budget de la présidence française de l'Union européenne", souligne le député socialiste René Dosière, grand spécialiste des dépenses de l'Elysée, qui juge les efforts de transparence encore insuffisants. La présidence justifie ces dérapages par le doublement du nombre de sommets internationaux, qui sont plus couteux que de simples déplacements. Quoi qu'il en soit, Nicolas Sarkozy dépense ainsi trois à quatre fois plus que Jacques Chirac en voyages.
En 2009, l'Elysée est tout de même parvenu à conserver un budget de fonctionnement stable par rapport à 2008 (112,6 millions d'euros hors investissement), en coupant dans les charges courantes (informatique, achat de fournitures, carburants...) et en réduisant les effectifs, passés de 1.031 au 31 décembre 2008 à 943 fin 2009. La masse salariale a ainsi diminué de 3,75%, en ligne avec les promesses de rationalisation de Nicolas Sarkozy. Plus surprenant en revanche, les recettes (location de bâtiments quai Branly, intérêts financiers issus du fonds de la Présidence...) ont atteint 2,2 millions d'euros alors que la loi de finances initiale tablait sur 351.000 euros. "Sous-estimer ses recettes potentielles permet de réclamer plus de crédits", persifle René Dosière. "C'est une manip' de première année de finances publiques."
par David Bensoussan, journaliste à Challenges,