Montreal : Bush « accueilli » comme un criminel de guerre
Des centaines de détracteurs de George W. Bush ont dénoncé jeudi la présence à Montréal de cet ex-président américain considéré selon eux comme un véritable criminel de guerre.
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Cavalerie, escouades anti-émeutes, chiens policiers, un important dispositif de sécurité comptant une soixante de policiers a été mis en place dès 11h pour contenir tout débordement devant l’hôtel Reine-Elizabeth où l’ancien président donnait une conférence sur l’heure du dîner à l’invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).
« Cette invitation est d’une effronterie incroyable. Ça met en évidence l’intérêt des cercles de dirigeants financiers pour cet homme responsable de milliers de morts dans le monde à cause de ses deux guerres », a dénoncé Charles Lemieux, porte-parole du Collectif Échec à la guerre, l’organisme à l’origine de cette protestation.
Les manifestants, au nombre d’environ 500 selon les organisateurs, ont lancé des slogans hostiles à George W. Bush, le comparant à un assassin, un terroriste et un criminel de guerre, et accusant la CCMM de complicité.
« Il a déclaré des guerres sous de faux prétextes. Ses politiques de droite ont été un désastre social et environnemental et elles ont été à l’origine de la pire crise financière depuis (le crash) de 1929 », a affirmé Françoise David de Québec Solidaire.
« La Chambre de commerce n’avait personne de mieux à inviter? s’est questionnée Mme David. Le Québec compte plein de gens de talent pour nous inspirer à bâtir une société plus riche et plus prospère. »
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| Les manifestants ont lancé des slogans hostiles à George W. Bush. Photo Annik MH de Carufel |
La conférence de Bush portait sur ses huit années à la Maison-Blanche. Huit années de cauchemar qui ne valent pas la peine d’être soulignées à Montréal, selon Dominique Peschard, de la Ligue des droits et libertés. « Ça a été huit ans de recul des droits humains. Il est responsable des guerres en Irak et en Afghanistan et il est passé à l’histoire en justifiant la pratique de la torture », a-t-il dénoncé sous les hurlements de la foule.
Lancer de souliers et arrestations
Afin de rappeler le geste d'un journaliste irakien qui, en colère, avait lancé ses souliers à l'ex-président alors en visite en Irak en décembre dernier, des manifestants ont lancé des dizaines de vieilles chaussures en la direction de l'hôtel et des policiers. Aucun policier n’a été blessé.
La manifestation a culminé vers 13h par la mise à feu d’une marionnette personnifiant George W. Bush. Des protestataires ont profité de l’occasion pour ajouter des pancartes au feu situé sur le boulevard René-Lévesque, à quelques mètres seulement du Reine-Elizabeth.
Cinq manifestants ont été arrêtés en cours de la manifestation. Ils seront vraisemblablement accusés de méfaits et d’avoir troublé la paix.
Des représentants de la Ligue des droits et libertés, d'ATTAC-Québec, de la Fédération des femmes du Québec, du Conseil régional FTQ-Montréal étaient notamment aussi présents.
La conférence de George W. Bush sur ses huit années à la présidence des États-Unis est la troisième du genre qu’il présente au Canada. Il doit livrer un discours puis participer à une période de questions pour laquelle le modérateur est John Parisella, le nouveau délégué général du Québec à New York.
L’ex-président américain doit toucher environ 150 000 $ pour cette conférence où chaque personne intéressée à écouter le personnage controversé a dû débourser entre 250 $ et 400 $.
Voir autre texte sur la visite de George W. Bush à Montréal.
Source : Rue Frontenac


