Olivier Delamarche 17 mai- Lagarde au FMI
Christine Lagarde est-elle la prochaine directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) ? L'hypothèse est envisagée, alors que les Européens avancent leurs pions pour conserver la direction du Fonds et que certains commencent à prendre leurs distances avec l'actuel détenteur du poste. L'arrestation et l'inculpation pour agression sexuelle et tentative de viol de Dominique Strauss-Kahn aux Etats-Unis a lancé plus tôt que prévu la bataille pour sa succession.
La ministre des finances française est "certainement une candidate crédible" pour remplacer "DSK" au poste de directeur général, mais "on attend de voir si (le président français Nicolas) Sarkozy la présente", a estimé, mardi 17 mai, un diplomate européen très au fait des discussions. Interrogée lundi soir à Bruxelles, la principale intéressée n'a pas voulu faire de commentaires, jugeant le débat prématuré. Selon un membre de son entourage, pour le moment, "ce n'est pas d'actualité, et l'hypothèse est jugée déplacée".
Toutefois, de manière générale, un autre proche ne cachait pas récemment l'intérêt de Christine Lagarde pour la fonction. Elle-même évoque régulièrement son attrait pour les Etats-Unis, où elle a longtemps travaillé. Elle est aussi très appréciée dans les milieux financiers. Selon une autre source, l'hypothèse de sa candidature pour la direction du FMI a d'ailleurs été testée récemment à Washington alors que le scénario d'une entrée en campagne de Dominique Strauss-Kahn pour l'élection présidentielle française de 2012, et donc son départ du FMI d'ici au mois de juillet, semblait de plus en plus probable.
La Française bénéficierait même du soutien de Berlin, affirme le quotidien Süddeutsche Zeitung en citant une source proche du gouvernement, ce qui n'empêche pas la presse allemande de citer une série d'autres prétendants potentiels. Sur les onze Européens qui ont dirigé le FMI depuis 1946, quatre étaient français, ce qui pourrait se révéler un handicap pour Christine Lagarde. Surtout, elle n'est elle-même pas à l'abri de démêlés judiciaires : un procureur français l'a récemment menacée d'une enquête sur un dossier lié à l'ex-homme d'affaires Bernard Tapie.
LES PAYS ÉMERGENTS RISQUENT DE FAIRE PRESSION
La presse allemande envisage d'autres prétendants, dont l'ancien président de la Bundesbank Axel Weber, ou le Suisse Josef Ackermann, à la tête de Deutsche Bank. Enfin, les pays émergents risquent de faire pression pour prendre à leur tour la direction du Fonds. Selon des diplomates, l'ancien ministre des finances turc Kemal Dervis pourrait alors être un candidat de compromis.
Les Européens ne semblent toutefois pas prêts à renoncer à l'arrangement qui leur assure la direction du FMI, tandis que celle de la Banque mondiale revient aux Américains. Face à la crise de la dette qui frappe les plus fragiles d'entre eux, ils veulent en effet pouvoir compter sur l'appui du FMI, dont le rôle, et celui de Dominique Strauss-Kahn en particulier, s'est avéré crucial depuis un an et demi.
La chancelière allemande Angela Merkel a évoqué "de bonnes raisons pour dire que l'Europe a de bons candidats". "Si une succession est nécessaire, les pays de l'Union européenne devraient présenter un candidat", a également jugé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Le maintien d'un Européen à la tête du FMI aurait la "grande préférence" des Pays-Bas, a renchéri leur ministre des finances, Jan Kees De Jager. La ministre espagnole Elena Salgado a, quant à elle, plaidé pour une femme, en relevant que "la présence des femmes est faible dans des postes à responsabilité".
Qui est Mââme Lagarde ?
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Biographie[modifier]
Christine Lagarde est née Christine Lallouette le 1er janvier 1956 à Paris dans le 9e arrondissement, aînée de quatre enfants dont trois garçons, Luc Lallouette, Rémi Lallouette et Olivier Lallouette (lequel est baryton)3,4. Son père, Robert Lallouette, et sa mère, Nicole Carre, sont respectivement universitaire et enseignante, agrégée de lettres classiques5. Christine Lagarde étudie au lycée François-Ier et au lycée Claude Monet5 du Havre. Elle pratique également la natation synchronisée et intègre l'équipe de France. À 15 ans, elle remporte une médaille de bronze au championnat de France6. Après le décès de son père lorsqu'elle avait 17 ans3, sa mère doit élever seule ses quatre enfants. Après son baccalauréat obtenu en 1974, elle obtient une bourse et décide de partir une première fois pour un an aux États-Unis grâce à l'association AFS5. Elle y suit des cours, est diplômée du lycée Holton Arms School à Bethesda (Maryland) et effectue un stage au Capitole en tant qu'assistante parlementaire du représentant (équivalent de député) républicain du Maine, William S. Cohen, qui deviendra ensuite secrétaire à la Défense de Bill Clinton7.
De retour en France, elle suit le cursus à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence puis, une fois diplômée, intègre la préparation à l'ENA de Sciences-Po Paris. Elle échoue au concours d'entrée de l'ENA et obtient finalement une maîtrise d'anglais, une maîtrise de droit des affaires et un diplôme d'études supérieures spécialisées de droit social à l'Université Paris X3, tout en enseignant le droit à l'université Paris X7. À deux reprises, elle tente sans succès d'intégrer l'École nationale d'administration, et dit ne pas regretter du tout ces échecs8.
En 1981, après ses études, elle est avocate au barreau de Paris, et rejoint le bureau parisien du cabinet d'avocats Baker & McKenzie, un des premiers cabinets d'avocats mondiaux (4600 collaborateurs dans 35 pays) dont elle gravira tous les échelons en 25 ans de carrière : associée du bureau parisien en 1987, associée gérante en 1991, membre du comité exécutif mondial à Chicago en 1995 et présidente de ce comité en 1999, la première femme à le devenir. Elle occupera ce poste jusqu'en 20049. Sous sa présidence, Baker & Mckenzie a augmenté son chiffre d'affaires de 50 % pour clôturer l'exercice 2004 à 1 228 millions de dollars. En 2002, elle est classée 5e femme d'affaires européenne par le Wall Street Journal Europe10.
De 1995 à 2002, elle est membre du think tank Center for Strategic and International Studies (CSIS), au sein duquel elle coprésidait avec Zbigniew Brzezinski la commission Action USA-UE-Pologne et suivait plus particulièrement le groupe de travail Industries de défense USA-Pologne (1995-2002) et les questions liées à la libéralisation des échanges polonais11. En 2003, elle est également devenue membre de la Commission pour l’élargissement de la communauté euro-atlantique12.
En 2004, le président Jacques Chirac l'élève au grade de chevalier de la Légion d'honneur.
En avril 2005, elle entre au conseil de surveillance de la multinationale néerlandaise ING Group, une des principales sociétés financières au monde13, place qu'elle a quittée avant de devenir ministre déléguée14.