Viêt Nam : l’Agent orange tue encore
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La musique est de Sikos (CC-By) => http://www.jamendo.com/fr/artist/Sikos
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Bébés monstrueux, cancers, pays dévastés, est-ce cela notre héritage ?
Hier, au Viêt Nam, en faisant usage d’armes chimiques dévastatrices, les États-Unis ont combattu le communisme – un régime qui incarnait alors la lutte pour l’indépendance nationale du peuple vietnamien qui s’opposait à leur domination. Aujourd’hui, les mêmes politiques aussi absurdes qu’injustifiables se poursuivent : de l’Afghanistan à l’Irak en passant par la Serbie, et du Liban à Gaza, des armes au phosphore, à fragmentation, ou à l’uranium appauvri sont déversées – par les États-Unis, l’OTAN, ou Israël - sur les populations civiles qui refusent de se soumettre à leurs diktats. Or, on sait que ces armes provoquent notamment des cancers et des malformations monstrueuses chez les nouveau-nés ; et qu’elles vont continuer à affecter la santé d’un nombre croissant de personnes. Dans son récent ouvrage « Agent Orange – Apocalypse Viêt Nam » (*), André Bouny vient nous rappeler que, près d’un demi-siècle après la guerre, des mères vietnamiennes continuent de mettre au monde des bébés monstrueux. Il répond ici aux questions de Silvia Cattori.
Trois avions UC-123B en mission d’épandage de produits chimiques défoliants au Sud-Viêt Nam, ici au-dessus de rizières. © US Army.
Silvia Cattori : Votre livre « Agent Orange – Apocalypse Viêt Nam » que je viens de dévorer d’une traite et le cœur serré, devrait être lu et pris au sérieux par tous les politiques qui ont une conscience et des moyens d’agir. Cet ouvrage très documenté et illustré de photographies bouleversantes sur la plus grande guerre chimique de l’histoire de l’humanité devrait être porté à la connaissance des gens, mobiliser les jeunes, et tous les parents dont la santé des enfants risque d’être menacée demain si l’on ne met pas un terme à la folie destructrice de ces guerres auxquelles, curieusement, aucun parti écologique ne s’est jamais opposé. Ni les écologistes Daniel Cohn-Bendit, ni Joschka Fischer ne se sont opposés à la guerre qui a déversé des tonnes de bombes à l’uranium appauvri sur la Serbie. Ce que vous décrivez, et qui devrait être un sujet de préoccupation majeure pour tout un chacun, demeure étrangement ignoré de la part des médias. Comment vous, qui n’êtes ni journaliste, ni médecin, ni scientifique, en êtes-vous arrivé à vous investir à ce point, pour mettre à jour, un demi siècle après, les conséquences terrifiantes de la guerre chimique menée au Viêt Nam ? Pourriez-vous nous dire ce qui vous a motivé ?
André Bouny : On peut en effet s’étonner qu’aucun grand reporter n’ait écrit de livre sur ce crime dont l’ampleur est si considérable qu’elle dépasse presque l’entendement ; sans doute le sujet, complexe, couvre tant de domaines que cela dissuade pareille entreprise dans un monde de plus en plus spécialisé.
De fait, on ne se lève pas un matin en se disant qu’on va écrire un livre sur l’Agent Orange : cet ouvrage est le résultat d’une longue immersion. Les premières images que j’ai vues à la télévision - en noir et blanc dans mon village - alors que j’étais adolescent, montraient la guerre du Viêt Nam. Elles sont restées gravées en moi. Puis, étudiant à Paris, j’ai participé aux protestations contre cette guerre, et nous savions que des armes chimiques y étaient utilisées. Par la suite, j’ai découvert ce pays.
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