
PANIER DE CRABES
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TOUS A PARIS LE 10
NOVEMBRE




Résister, c’est créer. Créer, c’est Résister.
Après la France et l’Italie, le Royaume-Uni :
la déroute des sociaux- libéraux.
…Et de trois ! En un an, ce sont trois pays européens qui ont connu la défaite en rase campagne. Il ne s’agit pas d’une Bérézina de la gauche mais celle du social-libéralisme.
Inodore, incolore et sans saveur, telle est la martingale, perdante à tous les coups, de cette espèce politique en voie de perdition. De
Ségolène Royal à Romano Prodi, de Walter Veltroni en passant par Dominique Strauss-Kahn, de Gordon Brown à Pierre Moscovici, tout ce beau monde vogue allègrement sur un bateau ivre sans
gouvernail. L’échouage était prévisible : il a eu lieu.
Mais de quoi s’agit-il ? D’une défaite de la gauche ou d’une victoire d’une droite « décomplexée » comme l’affirment la plupart des commentateurs
médiatiques ? Pour justifier cette hypothèse, ils s’appuient sur le « vieillissement » de la population européenne, sur son besoin de sécurité, sur la peur des
étrangers, et que sais-je encore. Cette sociologie de cuisine permet, en fait, de ne pas chercher les raisons politiques d’une défaite… politique.
La réalité est autre et d’une certaine manière, hélas, plus simple : les années 2000 ont été marquées par la paupérisation des classes pauvres et moyennes en Europe occidentale, en
particulier depuis le passage à l’Euro pour l’Italie et la France. D’après des économistes objectifs, les ménages italiens et britanniques vivent dans un tel état de surendettement qu’ils
devraient être déclarés en faillite. Le niveau de vie de la classe moyenne recule de 2 à 4 % par an dans la péninsule. Quant aux Britanniques, la pauvreté commence à avoir des conséquences
sur la nutrition des enfants dans certaines villes du nord de l’Angleterre et du Pays de Galles. Et nous n’aborderons pas ici le reste du paysage social, c’est-à-dire l’éducation publique, la
santé ou les infrastructures en ruine depuis bien des années.
Cette situation catastrophique est le résultat des politiques libérales menées depuis une vingtaine d’années. Or, cette tendance s’est accentuée depuis peu, en particulier sous la gouvernance de
Prodi en Italie, de Tony Blair et Gordon Brown au Royaume-Uni. Vaches maigres pour les pauvres et soutien indéfectible aux riches, le dernier exemple en date étant la transformation en obligation
d’état des « crédits pourris » des banques anglaises. Au mépris d’ailleurs de toutes les règles du fameux « marché », les
contribuables britanniques vont devoir assumer les pertes des banques pour la modique somme de 65 milliards d’euros. C’est une politique de collectivisation… mais seulement pour les pertes des
banques !
Non, Gordon Brown ou Walter Veltroni ne sont pas des sociaux-démocrates mais des fidèles exécutants des politiques libérales, qui deviennent de jour en jour plus agressives pour les citoyens
modestes.
Et qu’en pensent nos géniaux socialistes français ? Loin de tirer un constat réaliste de ce désastre, ils proposent de suivre le même chemin, mais en accélérant ! Au moment même où le
capitalisme entre dans une de ses crises les plus graves, nos joyeux socialistes inscrivent dans leur projet de charte leur ralliement à l’économie de marché et renoncent définitivement au
concept même de révolution sociale. Les apôtres du capitalisme ripoliné en rose s’attendent certainement à ce que les larges masses populaires les rejoignent en rangs serrés. Car ils n’ont pas
compris, ou ne veulent pas comprendre, les leçons de l’élection présidentielle de mai 2007 : à vouloir faire la course à droite, on perd son âme et les élections. N’en doutons pas, ces gens,
qui se veulent cyniques, sont dans l’époque de crise du capitalisme que nous traversons des éternels perdants face à une droite, qui elle, a le mérite de la clarté.
A nous de construire de manière autonome une alternative à gauche capable de porter les aspirations populaires, pour ne plus nous retrouver à devoir nous rallier par force à un (e) candidat (e)
aux antipodes de nos convictions sociales et républicaines.
Évariste Pour réagir
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